Acteur, mannequin, figure du Nouveau Nollywood, né le 10 avril 1986 à Port Harcourt et mort le 11 mai 2026 à Lagos. Découvrez le parcours d’Alexx Ekubo, acteur nigérian emblématique de Nollywood dont la disparition le 11 mai 2026 laisse un vide immense dans le cinéma africain.
Nul besoin de crier pour être entendu car il lui suffisait d’entrer dans le cadre. Alexx Ekubo, figure solaire et discrète du Nouveau Nollywood, s’est éteint le 11 mai 2026 à Lagos, des suites d’un cancer qu’il avait choisi de combattre loin des projecteurs alors qu’il venait de fêter 40 ans un mois plus tôt. « Cette belle âme » comme le décrivent plusieurs amis, laisse derrière lui une filmographie de plus de cent œuvres, une génération d’acteurs qu’il a inspirée, et une question que l’Afrique entière se pose : comment honorer ceux qui portent notre image au monde ?
De Port Harcourt au monde
Port Harcourt, capitale de l’État de Rivers, dans le delta du Niger. C’est là que naît, le 10 avril 1986, Alex Ikenna Ekubo-Okwaraeke, fils d’un négociant en pétrole et d’une styliste. Deux univers : le commerce et l’esthétique qui façonneront profondément l’homme qu’il deviendra : pragmatique dans ses ambitions, irréprochable dans son allure.

Ses origines profondes sont Igbo, du côté d’Arochukwu, dans l’État d’Abia, une terre de tradition orale riche où la parole a valeur de pacte. Peut-être est-ce là que germe, sans qu’il le sache encore, son attachement viscéral au récit, à la mise en scène de soi.
Il étudie le droit à l’Université de Calabar et obtient parallèlement un diplôme en communication à Calabar Polytechnic. Ces formations dessinent une pensée de la narration : celle du droit, rigoureuse et argumentée ; celle des médias, intuitive et populaire. Il les synthétisera sur un plateau de tournage.
Le concours, le clip, la consécration
En 2010, il se présente au concours Mr Nigeria et termine premier dauphin. Dès 2012, il enchaîne deux films qui posent les fondations de sa réputation : Weekend Getaway et In the Cupboard. Le premier lui vaut le prix du Meilleur acteur dans un second rôle aux Best of Nollywood Awards en 2013, puis à nouveau en 2020.
Mais c’est le clip Johnny de Yemi Alade qui le propulse sur le continent entier. Chief Ikuku devient le visage masculin d’un tube qui dépasse les 180 millions de vues sur YouTube. La caméra l’aime. L’Afrique le reconnaît.
L’acteur du Nouveau Nollywood
Nollywood est aujourd’hui la deuxième industrie cinématographique mondiale en volume de production. Au tournant des années 2010, un renouveau s’opère : budgets plus conséquents, salles modernes, réalisateurs exigeants. On appelle ce mouvement le New Nollywood. Le jeune talent Alexx Ekubo en est l’un des visages.
Dans The Bling Lagosians (2019), il brille dans une comédie satirique. Et pour A Sunday Affair, il explore une dramaturgie intime. Quant à Omo Ghetto : The Saga de Funke Akindele, il s’inscrit dans une narration urbaine. Plus de cent films en vingt ans : une filmographie qui refuse la facilité.
En 2020, l’ONU le classe parmi les « Personnalités les plus influentes d’ascendance africaine de moins de 40 ans ». La même année, il reçoit un certificat d’excellence du Sapio Club SGD pour ses efforts humanitaires.
Le silence comme dernière scène

Fin décembre 2024, Alexx publie sa dernière photo sur Instagram. Puis le silence. En 2025, des images le montrent amaigri. L’inquiétude grandit.
Le 11 mai 2026, son manager Samuel Olatunji confirme l’irréparable : Alexx Ekubo est décédé dans un hôpital de Lagos, des suites d’un cancer qu’il a dignement combattu. Ses collègues Funke Akindele, Bolanle Ninalowo et Godwin Nnadiekwe lui rendent hommage. Ce dernier résume : « Nollywood a perdu une âme rare. »
À travers l’Afrique francophone et anglophone, les hommages se déversent. Sur X, Instagram, Facebook, des milliers de voix rappellent qu’il était bien plus qu’un acteur. L’homme était une promesse : celle que le talent africain pouvait s’imposer sans se trahir.
Certains artistes construisent des carrières. Alexx Ekubo, lui, construisait des preuves, la preuve qu’un enfant de Port Harcourt pouvait devenir le visage d’un continent. Ce n’est pas un homme qui s’éteint. C’est un miroir que l’Afrique perd, celui dans lequel une génération apprenait à se voir belle.
REST IN POWER CHIEF IKUKU !
Pélagie BLEWUSSI
